Jozef Hecht a composé environ 390 compositions gravées officiellement répertoriées plus environ une vingtaine de gravures sans état ni édition retrouvées. Ainsi qu’un nombre indéterminé d’estampages. Il a principalement représenté des paysages, des villes et surtout des animaux.
Il a pratiqué la pointe sèche et l’eau forte essentiellement avant 1920 et son arrivée à Paris. Il avait également un peu pratiqué la gravure sur bois en Norvège. A partir de 1920 il se consacre presque exclusivement au burin sur plaque de cuivre.
Son style par la pureté des lignes se révèle proche du style Art Déco en vogue à l’époque.
Hecht maîtrisait toutes les étapes de la fabrication de la gravure : sélection du papier de Montval qui sera fabriqué sur mesure, de l’encre, de la gravure et du tirage.
A part, un carton de tapisserie commandé par l’Etat sera réalisé par la Manufacture des Gobelins.
Il signait ses œuvres de son nom et de son prénom et à partir de 1927 y apposait souvent son blason.
HECHT ET SES MODELES
Joseph avait une passion pour la représentation des animaux sauvages de tous les continents, dans leur habitat naturel ou simplement sur fond blanc. L’essence du motif était obtenue par la pureté de la ligne tracée par le burin et parfois plus tardivement par une simplification ou une stylisation. Mais on reconnaissait toujours l’animal, sa pose, sa manière de bouger.
Les autres sujets gravés sont les villes, les paysages, les thèmes bibliques, la mythologie et plus rarement les portraits. Il a également illustré quelques œuvres littéraires.
Ses lignes sont élégantes, raffinées combinées à l’harmonie géométrique de l’art déco en vogue à ce moment ainsi qu’à une certaine dose d’esthétique japonaise de l’école « ukiyo-e » .
Huit suites libres d’estampes conçues comme des ensembles avec un nombre variable de planches ont été créées. Elles sont sans doute très reliées émotionnellement à l’artiste et sont esthétiquement autonomes.
Il s’agit initialement d’histoires de portée universelle avec un regard sur la condition humaine et des animaux au premier plan
- 1926 : L’Arche de Noé (message biblique)
- 1928 : Atlas (prose d’André Suarès)
Ainsi que quatre suites d’estampes consacrées aux animaux
- 1929 : Animaux
- 1929 : Croquis d’animaux
- 1937 : Nouveaux croquis d’animaux
- 1938-1939 : Ile des cormorans
Et deux suites consacrées aux villes mais où des animaux apparaissent non sans humour
- 1933 : Paris
- 1938 : Londres
HECHT ET LES VOYAGES
Au cours de ses nombreux voyages, Hecht prend l’habitude d’incorporer dans ses peintures et ses gravures les paysages rencontrés mais aussi les villes. Encore étudiant, il visita l’Italie et l’Autriche puis plus tard l’Allemagne. Il passa la première guerre mondiale en Norvège. Au printemps 1920, il arrive à Paris où il se fixe.
Sa manière de peindre ou de graver les villes aussi bien que les paysages du Nord ou du Sud de l’Europe est vraiment unique. L’artiste était captivé par le caractère austère des paysages norvégiens : fjords, cascades, montagnes, le lac Semsvanet proche d’Asker, les falaises ( Preilestolen) et les collines ( Skaugumsäsen).
La Suède sera aussi une source d’inspiration : paysages de la Baltique, la ville d’Arvika, le district de Räcksta à Stockholm, puis ce sera Londres.
Il sillonna la France sans jamais se lasser, représentant le sud (Collioure, Banyuls), le nord (Belle Ile en mer). Mais c’est finalement Paris et Londres qui seront sa dernière source d’inspiration. De ses nombreuses marches dans la capitale, il tirera des peintures et des gravures des rues, les ponts, des espaces verts (Luxembourg, jardin des Tuileries, Jardin des plantes).
HECHT ET LA NATURE
Son investigation de la nature repose sur les quatre éléments classiques que sont l’air, le feu, l’eau et la terre. On les retrouve sous différentes formes dans son œuvre. Les phénomènes naturels ainsi que l’extraordinaire richesse en plantes et en animaux de la terre sont le véritable cœur de son œuvre.
Il appréciait beaucoup le caractère dual de la nature capable à la fois de donner la vie et de la détruire. On retrouve l’eau et la terre dans de nombreuses œuvres. Très sensible aux évènements météorologiques, il représenta de nombreuses sortes de nuages accentuant leur côté décoratif ainsi que des arcs-en-ciel.
La végétation est montrée sous sa forme sauvage (jungle, savane, forêts) aussi bien que domestiquée (jardins). Palmiers, agaves, vignes sont représentés de manière récurrente soulignant la fascination de l’artiste pour le monde méditerranéen. On retrouve aussi des conifères, des bouleaux et des épicéas inspirés par la Pologne.
De nombreux animaux ont été observés au Jardin des Plantes. Il les représenta souvent sous forme simplifiée ou stylisée tout en gardant le caractère premier de l’animal, avec soit un arrière-plan neutre, soit avec un paysage représentatif de la zone d’habitation de l’animal.
HECHT ET LA NORVEGE
Les représentations austères de la Norvège témoignent de la rudesse du pays, du registre pictural de la Scandinavie mais aussi de l’époque (première guerre mondiale). C’est malgré tout à cette époque que Joseph développa un élan vertical dans ses œuvres avec des arabesques et des volutes qu’on retrouvera ensuite. Il a sans doute été également marqué par la pureté et la clarté des paysages norvégiens qui contrastaient avec le milieu pollué de sa ville natale.
HECHT ET L’ESTAMPAGE
Il a mis au point une nouvelle méthode de gravure inspirée du gaufrage consistant à découper des silhouettes de cuivre : l’estampage. Il a réalisé environ 50 estampes de ce type à partir d’une centaine de burins détourés. En les disposant au gré de sa fantaisie, il pouvait créer une infinité de nouvelles combinaisons. Le choix déterminé, l’ensemble était placé sous presse et grâce au gaufrage, on obtenait une troisième dimension. Ces expériences se sont déroulées de 1948 à 1951. L’artiste espérait beaucoup de cette gravure « mobile » sans toutefois jamais renoncer à la technique traditionnelle comme le prouve sa sans doute dernière gravure, « Le grand duc » en 1951. Il a initié Abram Krol à cette technique et ce dernier en fera sa spécialité.
