
JOSEPH HECHT : papier, encre, tirages, signatures, titres, datations des gravures
LE PAPIER
Joseph apportait un soin particulier au papier. Il récupérait des papiers anciens à partir de registres du XVIIIème siècle surtout le papier vergé ( papier qui laisse apercevoir par transparence de fines lignes parallèles horizontales dans l’épaisseur du papier) ou parfois fabriquait lui-même son papier dans son atelier.
Pour l’édition de ses albums, il faisait fabriquer son papier spécialement pour lui à la cuve et à la main par les ateliers Montval à Viladon-le-bon dirigés par Gaspard Maillol. On trouve en filigrane dans ce papier le blason au brochet de Joseph ainsi que le blason de Maillol. Ce papier n’était jamais blanc mais était légèrement teinté de couleurs chaudes comme le vert jade pour l’édition d’ »Animaux ».
Il n’a que rarement employé le papier chinois ou japonais « qui n’a pas la force requise pour restituer l’esprit de la gravure sur cuivre européenne quoique ces papiers soient les plus solides du monde ».
Il a également parfois employé du parchemin et très rarement du cuir ou du vélin.
Pour les épreuves d’état il employait les papiers qu’il trouvait dans son atelier.
Dans son « essai sur la technique de la gravure au burin » Joseph déclarait « Autrefois les hommes de génie pour arriver au Grand Art ne négligeaient aucune partie de la fabrication d’une œuvre d’Art ».
L’ENCRE
Il composait et broyait lui-même son encre.
« La gravure au burin se tire à l’encre noire ou de la façon suivante : 1/3 de noir de bougie et 2/3 de noir d’Allemagne broyés ensemble avec de l’huile de lin en ajoutant modestement de l’huile forte. Quand tout cela est bien broyé sur votre dalle, vous arrosez cette encre avec un peu de laque jaune, plus foncée qu un citron et plus claire qu’une orange. Après le broyage de ces trois couleurs vous ajoutez du carmin, le meilleur carmin que vous trouvez.
Les couleurs broyées à la main son toujours meilleures qu’à la machine : je ne sais pas pourquoi. Peut-être quelques gouttes de sueur qui tombent de ton front pendant le broyage ou la cendre de cigarette qui tombe dans la couleur.
L’encre doit rester ferme »
LES TIRAGES DES GRAVURES
Certains tirages sont incertains, indéterminés voire improbables
LA SIGNATURE
En général toutes les épreuves y compris les épreuves d’état sont signées par Joseph. A l’encre au début de son œuvre puis à la mine de plomb. Le plus souvent en bas à droite.
A sa mort, les gravures non signées retrouvées dans son atelier ont été revêtues du timbre de l’atelier. Y compris certaines gravures tirées sur papier contemporain.
A partir de 1927 (gravure du « bison ») ) outre la signature on retrouve sur la plupart des plaques un blason de la composition de l’artiste qui symbolisait ses activités d’artiste et son nom :
- Le brochet qui se dit hecht en allemand
- La palette du peintre dans le coin supérieur gauche
- La presse du graveur dans le coin inférieur droit
- Ou vice versa
- Le tout supportant parfois le ciseau du graveur
LES TITRES DES GRAVURES
La plupart des titres sont de Joseph Hecht. Certains ont été transcrits par sa deuxième femme Anna Bilde qui avait dressé une première liste des gravures en 1951. D’autres ont été données par les auteurs de l’exposition de Gravelines de 1992 avec l’accord de son fils Henri. Ce qui explique certaines erreurs que les auteurs de l’exposition de 2024 ont relevées.
LES DATATIONS DES GRAVURES
En l’absence de datation précise, certaines datations doivent être considérées avec beaucoup de prudence d’autant que Joseph n’était pas sans surprise. Il pouvait reprendre tardivement des sujets anciens en les adaptant à un style nouveau.
La montagne « Skaugumäsen » gravée pour la première fois en Norvège en 1916 se retrouve dans la « Grande carrière » gravée en 1935 ou dans le « Bataille féroce » de 1937. Sans parler des peintures.
